Con fecha 22 de Septiembre de 2006, la Université de Poitiers, Francia,concede a Mempo Giardinelli el Doctorado Honoris Causa.

Doctorat Honoris Causa de MEMPO GIARDINELLI à l'Université de Poitiers

        Ce fut un grand honneur — et un grand plaisir — pour l’université de Poitiers que de décerner les insignes et le titre de "Docteur honoris causa", le vendredi 22 septembre 2006, à M. Mempo Giardinelli, écrivain argentin de renommée internationale et ami, depuis plusieurs années, de l’université de Poitiers, notamment du C.R.L.A. (Centre de recherches latino-américaines), dont il est membre d’honneur. A plusieurs reprises, Mempo Giardinelli a collaboré avec notre centre. Il lui a fait don, en 2003, de deux textes inédits à caractère autobiographique, qui ont été publiés en 2004 dans le volume Espejismos autobiográficos. En 2005, pour le plus grand profit, et le plus grand plaisir de nos étudiants de concours, une lecture de textes, accompagnée d’un long et chaleureux débat de près de deux heures autour de l’œuvre de Mempo Giardinelli, a été organisée par le C.R.L.A. , à la Maison des sciences de l’homme et de la société.
        Mempo Giardinelli, auquel le titre de "Docteur honoris causa" a été attribué à l'initiative de Mme le Professeur Maryse Renaud, n'a malheureusement pu se rendre à Poitiers, pour d'impérieuses raisons de santé. Il y a été représenté, toutefois, par sa compatriote et amie, l'écrivain Luisa Futoransky, qui donna lecture de l'émouvant discours de l'auteur désormais célèbre de Luna caliente (Prix national du roman, octroyé en 1983 à titre exceptionnel à Mempo Giardinelli par le Mexique, pays dans lequel il vécut près de dix ans en exil) et de Santo Oficio de la memoria (Prix Rómulo Gallegos, décerné, à l'unanimité, en 1993, par le Venezuela).

Sylvie Josserand Colla
Centre de Recherches Latino-Américaines

équipe ITEM (CNRS-ENS-Université de Poitiers) MSHS

 

 

Discurso de patrocinio del título de Doctor Honoris Causa y bienvenida a la Universidad de Poitiers

TEXTE DE PARRAINAGE
Prof. Dr. Maryse Renaud

C’est un grand honneur —et un grand plaisir— pour l’université de Poitiers que d’accueillir aujourd’hui en son sein M. Mempo Giardinelli, écrivain argentin de renommée internationale et ami, depuis plusieurs années, de l’université de Poitiers, notamment du C.R.L.A. (Centre de recherches latino-américaines), dont il est membre d’honneur. A plusieurs reprises, Mempo Giardinelli a collaboré avec notre centre. Il lui a fait don, en 2003, de deux textes inédits à caractère autobiographique, qui ont été publiés en 2004 dans le volume Espejismos autobiográficos. Jamais nous n’oublierons Guillermo Woodbridge ni Neneko Izaguirre, les excentriques personnages au destin tragi-comique de cette histoire de frontière relatée dans «La Madriguera». En 2005, pour le plus grand profit, et le plus grand plaisir de nos étudiants de concours, une lecture de textes, accompagnée d’un long et chaleureux débat autour de l’œuvre de Mempo Giardinelli, a été organisée par le C.R.L.A. , à la Maison des sciences de l’homme et de la société.
        Mais qui est donc Mempo Giardinelli, dont nous déplorons aujourd’hui l’absence, pour des raisons de santé. L’œuvre narrative, aux multiples facettes, de cet écrivain né en 1947 a fait l’objet de traductions dans une vingtaine de langues et a été couronnée par de nombreux prix, dont le plus prestigieux de tous en Amérique latine, le Premio Rómulo Gallegos, décerné par le Venezuela, qui vint récompenser en 1993 l’ambitieux et attachant roman Santo Oficio de la memoria (Saint Office de la mémoire). Signalons à ce propos que ce fut l’unique fois que ce prix interaméricain fut attribué à l’unanimité.
        Saint Office de la mémoire : «una novela coral», comme le disent les Argentins, et plus largement les Latino-américains, un roman polyphonique au plus haut point, qui donne à entendre, en un vertigineux tourniquet verbal, des voix de femmes et d’hommes déracinés, arrachés à leur Italie natale, et ayant choisi pour nouvelle patrie une Argentine largement ouverte théoriquement, mais de fait sourdement hostile, dans certains secteurs, aux nouveaux arrivants. Un roman tendre et violent, qui plonge ses racines dans l’Histoire officielle, ambiguë, de l’Argentine des XIXe et XXe siècles —la période péroniste notamment, longtemps considérée comme un sujet tabou, y est abordée sans fausse pudeur— et dans une intrahistoire plus subjective, fourmillant de notations subtiles, d’une troublante intimité. Un roman humaniste, enfin, généreux, mélancolique, dont le grand écrivain mexicain Carlos Fuentes, admiratif, avoua qu’il eût aimé en être l’auteur.
        La profondeur du propos —ici, la réflexion sur l’activité mémorielle, indispensable à toute collectivité humaine, mais parfois périlleuse également au niveau individuel— et le charme propre à une écriture toujours inventive— souvent truculente, mais ne sombrant jamais dans le pittoresque, sachant cultiver également l’humour acide, le ludisme, les jeux intertextuels mettant en scène la culture populaire latino-américaine et la culture savante universelle, les demi-teintes, la suggestion plus que l’affirmation, et un lyrisme savamment retenu— constituent deux attraits majeurs des œuvres de Mempo Giardinelli, tant dans ses romans que dans ses nouvelles. Aux formes brèves, rappelons-le, Mempo Giardinelli attache, comme la plupart des écrivains latino-américains, le plus grand prix.
        C’est avec plaisir également que le lecteur découvre en Mempo Giardinelli, originaire du Chaco, une région excentrée, au nord-est du pays, chaude, semi-désertique, malmenée par l’Histoire, et de surcroît souvent considérée avec condescendance par une Buenos Aires orgueilleuse de ses prérogatives de capitale fédérale, un narrateur capable de doter un espace objectivement délaissé, provincial, longtemps étranger à la littérature, d’une véritable dimension esthétique. Car le Chaco, qui aujourd’hui retient de plus en plus fréquemment l’attention des gens de lettres, occupe depuis toujours dans l’œuvre de Mempo Giardinelli une place de première importance. Il suffit de se remémorer, parmi tant d’autres textes, le roman d’aventures Imposible equilibrio, ou encore l’atmosphère étouffante, l’érotisme qu’il faut bien qualifier de
torride, en dépit du stéréotype, l’onirisme visqueux du remarquable Luna caliente (Lune chaude), marqué au sceau de Nabokov, pour percevoir toute la complexité de cette terre, proche, à bien des égards, par son esprit fantasque et ses débordements, du reste du pays, de démesure et d’excès lui aussi.
        La violence constitue en effet un thème qui traverse l’ensemble de l’œuvre de Mempo Giardinelli. Tant dans ses nouvelles et ses romans que dans ses essais et ses nombreux articles journalistiques sur la dictature, la démocratie théoriquement retrouvée ou les intellectuels argentins, il en traque les multiples, surprenantes et parfois insoutenables manifestations. L’idéologie, le politique se mêlent alors à une approche plus irrationnelle, plus débridée, plus sauvage, voire viscérale de l’humain, qui nous oblige à modifier notre routinière et plate appréhension du réel. Point de «réalisme magique», ici, même si l’Argentine déshéritée de «l’intérieur» —de la province— n’est pas dépourvue de quelques caractéristiques économiques et culturelles qui la rapprochent du reste du sous-continent latino-américain. Point d’enchantement facile, mais une ténébreuse atmosphère qui doit parfois beaucoup au roman noir ou à l’allégorie. Dante n’est jamais longtemps absent des fictions de l’écrivain argentin, d’origine italienne, ne l’oublions pas. Mempo Giardinelli nous laisse ainsi entrevoir avec talent les secrets d’un monde inextricable, tiraillé entre les utopies finissantes de la modernité et les maigres promesses de la postmodernité, mais néanmoins exaltant. D’un monde de papier et d’encre, de passion, qui, plus que tout autre, est celui que nous aimons.
        Mais laissons la parole au narrateur de Luna caliente (Prix national du roman, octroyé en 1983 à titre exceptionnel à Mempo Giardinelli, argentin, par le Mexique, pays dans lequel il vivait en exil, et traduit en France —chose rare— chez deux éditeurs, Alfil et Métailié). Cette parole nous incitera, à coup sûr, à poursuivre la lecture de la singulière et troublante aventure —érotique et politique tout à la fois— vécue par le protagoniste :
        « Il savait que cela devait arriver. Dès qu’il la vit, il le sut. Après bien des années d’absence, il était de retour au Chaco et, au milieu de tant d’émotions dues aux retrouvailles, Araceli fut pour lui un éblouissement. Elle avait des cheveux noirs, longs, épais, et une frange hautaine qui encadrait parfaitement son visage mince, à la Modigliani, dans lequel on remarquait ses yeux très sombres, brillants, au regard languissant mais rusé. Maigre, avec des jambes très longues, elle semblait tout à la fois fière et effrayée des petits seins qui commençaient à exploser sous sa blouse blanche. Ramiro la regarda, et il comprit aussitôt qu’il y aurait des complications : Araceli ne pouvait pas avoir plus de treize ans.
        […]Les dernières cigales chantèrent, et la nuit tomba avec ses grillons. La chaleur se fit humide et lourde et se prolongea après un dîner arrosé au vin de Cordoba, douceâtre comme l’arôme des orchidées sauvages qui étreignaient le vieux bignonia, dans l’arrière-cour de la propriété. Ramiro ne devait jamais savoir au juste à quel moment il avait ressenti de la peur, mais ce fut probablement quand il décroisa les jambes pour se lever, et alors, sous la table, les pieds froids et nus d’Araceli touchèrent sa cheville, peut-être par hasard, mais comment savoir?
        Merci beaucoup.

Je cède maintenant la parole à Mme Luisa Futoransky, écrivain argentin et amie de Mempo Giardinelli, qui le représente ici et qui va nous donner lecture du discours de ce dernier.

 

Discurso de aceptación del Doctorado Honoris Causa

Por Mempo Giardinelli - Viernes 22 de Septiembre de 2006.

Señoras, Señores.

Supongo que en ocasiones como ésta, es imposible eludir la pronunciación de algunos lugares comunes. De manera que no dejaré de decir que no sé si merezco este honor que Ustedes esta noche me confieren. Pero debo decirlo porque —con absoluta franqueza— tengo la seria sospecha de que esta distinción excede mis capacidades y trayectoria, pero la acepto orgulloso porque, además, se presenta en mi vida en circunstancias muy especiales.

Estoy enfermo, y no sé todavía la verdadera gravedad de mi mal como ignoro también las posibilidades de la Medicina. Pero sí sé de mi hasta ahora resistente anatomía. Y como tengo la absoluta decisión de seguir escribiendo por muchos años más, sé que, cualquiera sea el destino que me aguarde, esta noche me honran Ustedes como nadie, ni persona ni institución, me honró jamás.

Me permitirán por ello hablar de lo que ha sido —y por supuesto, espero que siga siendo— el sentido mismo de cada paso textual que he dado, de cada idea macerada en la cocina de mi espíritu, de cada palabra de ésta mi lengua a la que amo y exijo, y de todas las cuales me he servido para trazar una pequeña huella más en el fabuloso camino del arte universal y eterno que llamamos Literatura.

De manera que vengo ante Ustedes, esta noche, a rendir modestas cuentas. En primer lugar, en este acto de agradecimiento y amistad —que es lo que toda distinción honorífica convoca— yo quiero confesarles que tengo la certeza de que todo se lo debo esta noche a la Profesora Maryse Renaud y a todas y todos los miembros del Centre de Recherches Latino-Américaines de l'Université de Poitiers, a quienes entrego mi corazón cálidamente, agradecido por el solo hecho de haberse detenido a estudiar, evaluar y analizar cada uno de los libros que he escrito.

En segundo lugar, soy consciente de que no digo nada nuevo si digo que ésa ha sido una de las mejores tradiciones francesas: advertir lo oculto, desentrañar lo no evidente, desafiar lo establecido, alzar la bandera de la Cultura y la Libertad, sugerir los pasos para un mejor futuro del mundo. Por lo tanto, esta noche acepto la responsabilidad que Ustedes me confieren rindiendo mi modesto homenaje a La Cultura Francesa, que interpreta y representa magníficamente el CRLA de esta Universidad, como nos consta a muchos escritores y escritoras de la América Latina.

Es esta Cultura, la vuestra, la que siempre ha sabido recibir y ha ayudado a instalar en la conciencia universal a nuestras mayores glorias. De Vicente Huidobro a Jorge Luis Borges, de César Vallejo a Julio Cortázar, por mencionar esta noche solamente a unos pocos maestros de la Literatura Universal nacidos allá, en mi vasto continente, del otro lado del Océano. 

Ese espíritu planetario que siempre tuvo Francia, esa vocación por la trascendencia universal que André Malraux ilustraba brillantemente con la comparación de la Literatura con la Gran Muralla China, es la que trae hasta aquí a este escritor provinciano que, por qué no confesarlo, se siente sobrepasado por la inmensa responsabilidad que le confiere este Doctorado.

Porque en realidad, Señoras y Señores, como hace años me enseñó en México mi maestro, amigo y mentor Juan Rulfo, nosotros, los escritores, somos nada. Eso somos: “una puritita nada”, nos decía él, para mostrarnos, magistralmente, que toda veleidad es idiota y que la Gran Literatura se mide por el tamaño moral de las personas y por la calidad estética de los textos.

Pero no somos seres especiales los que trajinamos y modelamos la estética textual del Mundo, sino simplemente, y apenas, atormentados espíritus que sólo pueden serenarse cuando se cultivan en el oficio del pendolista silencioso, y cuyos méritos mayores son las lecturas que suman y atesoran. No para citar pretenciosa, a veces pedantemente, a los grandes, sino para reelaborarlos en la intimidad desolada de la propia creación.

No dudo de esto: si yo soy escritor es porque hubo biblioteca en mi casa. Porque la lectura moldeó mi vocación y orientó mis afanes. Y porque tuve maestros como Juan Rulfo y Juan Filloy, éste último un todavía poco conocido polígrafo del interior de la Argentina. Y también, cabe subrayarlo esta noche, porque en mi familia de humildes inmigrantes italianos había una concepción de la Cultura que la igualaba a los mejores emprendimientos de la especie humana, y que miraba hacia Europa, es verdad, pero sin desconocer la extraordinaria, fabulosa realidad que nos circundaba.

Creo, ahora, que fue esa mixtura la que me trajo hasta aquí. En mi casa en el Chaco, a 1.100 kilómetros al Norte de Buenos Aires, a 1.500 kilómetros del mar y a más de 1.000 de las nieves más próximas, el Mundo siempre estaba muy lejos. Y solamente la Literatura lo acercaba.

En el Chaco, mi caliente tierra subtropical, donde las siestas son interminables y los meses de sequías son seguidos por meses de inundaciones feroces, el mundo exterior (que en esencia era Europa) entraba en mi casa a través de los libros. Cervantes y Chejov, Rabelais y Virgilio, Shakespeare y Goethe, Lafontaine y Clarín, Lagerkvist y Gogol, Beckett y Ionesco, Pessoa y Pavese y tantos más.

El Mundo —quiero decir— era esa preciosa y maleable mezcla de poesía y narraciones que venían de allende el mar y uno leía contemplando los durísimos quebrachos, los lapachos que siempre florecen como si los pintara Dios, los filodendros gigantescos, las palmeras salvajes, las tarántulas y vinchucas más gordas que se puedan ustedes imaginar. En ese paisaje espectacular que en lo humano siempre ha sido contrastante, mi infancia, como luego mi literatura, se nutrió con los pescadores del Paraná y los muchos ríos del Chaco, con los cazadores de carpinchos, yacarés y jabalíes y con los más fabulosos contrabandistas de la frontera a los que mi padre conocía y no temía. Pero también, y al mismo tiempo, mi niñez se nutrió con Gargantúa probando la fuerza de sus pulmones, con la preciosa locura del Pierrot de Raymond Queneau y con la desgarradora relación de Simone de Beauvoir con su madre.

En mi infancia yo soñaba con el mar y con la nieve, que conocí después de los 18 años, pero cuando ya la había visto en Rusia y en Alaska, en los Pirineos y en el Mont Blanc. Mientras mi madre leía a Romain Rolland, y mi hermana soñaba con las canciones de Edith Piaf, Charles Aznavour y Jacques Brel, todos amábamos el inigualable humor de Jacques Tati. Y en la Universidad, con casi toda mi generación leímos, subrayamos y discutimos las ideas precursoras de Jean-Paul Sartre, primero, y de Michelle Foucault y Jacques Lacan después.

En mi casa hoy, como en la de mi infancia, lo que más hubo siempre, y hay todavía, es lectura. Vivíamos en un hogar humilde, donde el mueble más importante era la biblioteca: un enorme librero de madera oscura, que tenía, en los estantes inferiores, todos los libros que yo podía tomar para leer, jugar, destruir o lo que se me diera la gana; y arriba, por supuesto, los libros inconvenientes que, inteligentemente, nadie decía que eran inconvenientes. Lo descubrí yo solo en mi adolescencia, desde luego, cuando empecé a saber que la Literatura, finalmente, no es más que la vida por escrito.

Creo que soy un escritor producto tanto de la pasión de leer como de la trashumancia y el exilio. La heterodoxia de mis lecturas, la vida en un país que se destruyó a sí mismo, el miedo pegado a la piel, la experiencia de casi diez años de exilio en México, todo eso formó, me parece, al escritor que soy. Pero no estoy seguro. En materia literaria no estoy seguro de nada, y eso ya no me desespera. No pertenezco a la clase de escritor que teoriza la literatura desde la formación y el estilo académicos. No ha sido mi modo, supongo que porque estudié Derecho y no Literatura. No dudo de que a esa circunstancia debo el oficio de periodista y la vocación por reflexionar ideas sobre cultura y política, como tampoco dudo de que mi formación como escritor deriva de mi formación como lector, que en mi caso es decir mi madre y mi hermana, de las que heredé una formación libresca heterodoxa pero inclaudicable, que estimulaba sobre todo la libertad y la curiosidad.

A mí no me encanta estudiar la literatura, sino hacerla, y reflexionar después sobre lo escrito. Es allí donde busco la revelación, tanto de los orígenes como del sentido de la obra concreta. Por eso el análisis literario, para mí, es más bien la develación de la práctica de la escritura, la sumersión en laberintos interiores sin guía ni astrolabio y, sobre todo, el descubrimiento de las iluminaciones que toda obra debe contener, y que si no contiene será olvido. Porque la literatura siempre es memoria, ya que es la vida por escrito. Como leer es apostar a una especie de divino azar. Leer y escribir, digo, como quien respira, incesante y vital. Para después, pero sólo después, aprender que el arduo trabajo del escritor consiste en el torturante y maravilloso empeño, en el duro y riguroso trabajo de pulir la prosa, clarificar el sentido, consolidar la idea y, sólo entonces, abrillantar el estilo. Escribir es para mi como caminar sin planes: el proyecto es la escritura misma, ir descubriendo cuál es el proyecto.

Yo escribo, amigas y amigos, desde la ignorancia, y por eso me sorprende esta distinción. Escribo apenas con la experiencia de lo vivido intensamente y con mi biblioteca detrás. Escribo como indagación, como interrogación plural, como intento provisorio de mitigar los dolores del Mundo, como introducción a un laberinto que es fascinante recorrer aunque sea para perderse en él.

A todo esto me lo inculcaron de niño y por eso en mis evocaciones veo siempre a mi mamá y a mi hermana leyendo. Las veo esperando la llegada de las revistas que todas las semanas colmaban el quiosco de la esquina. Las veo encargando libros que llegaban por correo desde las librerías de Buenos Aires.

La lectura, la literatura, la conversación, la historiación y la narración constante eran la vida misma para las mujeres de aquella casa y sus amigas. Ellas sacaban y reponían libros y enciclopedias de la biblioteca de la sala como sacaban el tomillo y la pimienta del especiero de la cocina. Hoy creo que fue eso lo que me hizo sentir siempre femenina a la escritura. Los mejores momentos de mi vida los pasé escuchando narraciones de intrigas e ilusiones, amores y desamores, sueños y frustraciones de boca de mujeres, y mujeres que leían mucho y tenían la imaginación y la pasión, por lo tanto, bien entrenadas.

La literatura llegó a mí en sus libros y en sus palabras, todo sentimientos, todo desenfreno y locura, como si las vidas corriesen a la par de las novelas y cuentos que leían. Y es que todos somos, en verdad, lo que hemos leído.

En 1976, la tragedia que inició el camino de la Argentina hacia el desastre nos forzó, a muchos de mi generación, al horrible crimen de tener que quemar libros para sobrevivir. Los agentes de la dictadura recorrían, clandestinos, las ciudades, y no sólo buscaban personas sino también ideas, y las ideas estaban en los libros. Por eso las piras de volúmenes incendiados, los fogones en las calles donde se incineraron las ideas y la libertad. Yo pasé por ese horror y esa vergüenza, cuando durante toda una ominosa noche inolvidable, y con las persianas bajas, en la cocina y en el baño de mi pequeño departamento, con miedo, vergüenza, dolor y rabia tuve que quemar algunos libros "peligrosos", que no se quemaban fácilmente, porque los libros saben resistirse, hagan la prueba, a los libros hay que romperlos, despanzurrarlos, hacerlos pedacitos y quemarlos página a página y tirar los papelitos de a puñados por el inodoro.

Aquello fue una lenta amputación casera, mientras afuera la ciudad era asolada por los perros de la noche que andaban de cacería. Pero hoy creo que aquello fue, también, un acto de amor y de fe, porque uno destruía cada libro jurándose que un día, un luminoso día de justicia y libertad, uno volvería a atesorar aquellos libros en una nueva, grande y enriquecida biblioteca.

La amputación llegó, masiva y completa, la noche de Julio de 1976 en que me avisaron de la Editorial Losada que el Ejército estaba "limpiando" —vaya verbo— los depósitos y quemando libros en la calle. Entre ellos, mi primera novela. Me aconsejaron no quedarme en mi departamento y obviamente ése fue el inicio de mi exilio, al que marché con apenas unos pocos libros dos semanas después. La fría noche en que llegué al Aeropuerto de Ezeiza tras dejar una ciudad plagada de controles militares y retenes en los que fieras asesinas eran dueñas de la vida y de la muerte, yo llevaba conmigo una versión de La Comedia de Alighieri, las pequeñas ediciones de Bestiario y Final de Juego publicadas por el Centro Editor de América Latina, un par de libros de Borges editados por Emecé y una edición barata de Tobacco Road, la memorable novela de Erskine Caldwell. Era mi pequeña, perfecta biblioteca portátil.

En México formé —o reformé, o reorganicé, no sé qué verbo es adecuado— otra biblioteca, una nueva que, sin embargo, era la misma. Durante nueve años mi biblioteca mexicana creció con el sueño del regreso. Y cuando los argentinos recuperamos la Democracia, una mañana de 1984 despaché, personal y amorosamente, un contenedor en el puerto de Veracruz. 

De regreso fundé la revista Puro Cuento, que hoy es casi mítica y muchos echan de menos en mi país y en el extranjero. Y también fui creador de una primera Fundación dedicada a abrir bibliotecas allí donde nos las había. Y hace poco menos de una década doné todos mis libros como punto de partida de la fundación que hoy presido en el Chaco, y que atesora unos 12.000 volúmenes en proceso de catalogación, donde se nutren nuestro Centro de Estudios y todos nuestros programas, sostenidos por decenas de personas que trabajan organizadamente alrededor de la simple idea de que no hay mejor estímulo para la lectura que compartir los textos con amor. Allí está ahora, en un desvencijado edificio de triste memoria que un día recuperaremos, cuando tengamos dinero. Por ahora en cajas, o en muy pocos estantes, pero viva, entrañable y maravillosa.

Tengo para mí, en el fondo de mi corazón, que todo esto existe de algún modo en mi literatura y que Ustedes lo han visto. Creo que es por eso que me dan este título que tanto me honra y al que me comprometo a honrar cada día de cada año venidero: porque mi puritita nada está en mis libros, porque no soy más que un hombre agradecido y porque la Literatura es mi Cielo y es mi Infierno, y de eso mismo se trata.

Muchísimas gracias.

(Este texto fue leído, a nombre del autor, por la escritora argentina Luisa Futoransky)

 

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